«J’erre sans but, J’erre sans but, J’erre sans but»
J’erre sans but.
La tête à terre, les mains sur la nuque. Ma soeur et Pierluc sont d’un silence relatif. Enfin, peut-être ont-ils marmonné des trucs, je les écoutais même plus. Je m’en foutais. Je regardais partout. Vous savez ces moments ou les mots vous dépassent, où est-ce que vous essayez simplement de comprendre la situation. C’était un de ces moments-là, ou j’avais plus rien à lâcher. Ma soeur sur-réagit, comme d’habitude. Elle capote. Moi et Pierluc tentont de rester calme, posés, face à cette situation plus que frustrante.
Je me souviens, j’avais dit à Élie que le ménage serait pas trop long, qu’on serait revenu bien à temps pour préparer le souper. Il est quoi, deux heures ? On arrive devant la porte de notre nouvel appart. L’Hécatombe. DES FUCKINGS EXTERMINATEURS ? On se console plus tard, parce que semble-t-il que c’est partout dans l’immeuble que l’exterminateur passe. L’immeuble est dans un désolant désordre. Jamais dans ma vie je n’avais vu un endroit aussi sale. Un vieux four incroyablement sale, qui sera enlevé par le proprio plus tard dans l’après-midi, d’une nationalité inconnue (selon moi grec ou italien), des panneaux d’armoires sur le point de tomber, une grande quantité d’épices non-identifiés dans les armoires. La cuisine est définitivement le champ de bataille auquel nous devons le plus nous attarder durant la fin de semaine.
Point de rupture. J’écoute le documentaire Point De Rupture chez ma soeur, racontant l’histoire du Référendum de ‘95 sur l’indépendance nationale. C’est en même temps une douce ironie, puisque notre bail est aussi au point de rupture. On analyse les appartements encore libres, il est 7 heures du soir. Malgré le choix encore abondant, résultant d’une mini-crise du logement en manque de locataires, il n’y en pas un seul qui correspond à nos critères. Il sont soit hors de prix ou dans des quartiers merdeux (comme le nôtre).
Grosse discussion avec le proprio. On décide de le laver, et de faire confiance à la garantie des exterminateurs. 20 heures, 12 Juillet. Le début des opérations. On en sort a moitié vivant, le lendemain, vers 15 heures. On a dormi environ 7 heures chacun, le reste, on l’a passé dans la crasse, avec les détergeants comme seule solution. Le traitement semble faire effet. Normalement, cela prend 21 jours à fonctionner, mais on en a pas vu de la journée de dimanche. La déléguation Pigeon-Caron/Marcoux-Viel a travailler d’arrache-pied pendant près de dix heures pour arriver à un dénouement “acceptable”. Reste un peu de ménage à faire, un aspirateur à passer partout, de la peinture à faire dans les deux chambres.
Il est 3 heures moins quart, 13 Juillet. J’erre encore sans but. Cependant, j’erre sans but dans un environnement d’une propreté relative.
-TP-

No comments
Flux de commentaires pour cet article